Cela fait aujourd'hui plusieurs mois que j'ai décidé de mettre fin à ma période d'essai au sein de votre enseigne. Car oui, n'en déplaise à vos équipes, la période d'essai fait partie du droit du salarié. Si les employeurs ont la possibilité d'évaluer mes compétences, je suis aussi là pour juger si vos valeurs et votre état d'esprit me correspondent. Pendant mes entretiens, vous m'avez parlé de bien-être, de transmettre aux clients l'importance d'apprécier chaque moment simple de la vie... Vous affichez une philosophie axée sur l'épanouissement des salariés. Mais en intégrant votre entreprise, j'ai compris que votre réalité du terrain était tout autre.
Ma première réunion RH portait d'ailleurs sur la compréhension des raisons pour lesquelles vous subissez autant de turnover. C'est assez ironique, mais selon moi, la réponse est sous votre nez !
Le jour où j'ai décidé de partir et que j'ai envoyé un e-mail à vos RH pour savoir si je devais effectuer mon délai de prévenance, aucun d'eux n'a pris la peine de me répondre. Vous m'avez laissée dans une situation lunaire en magasin, avec une équipe qui n'arrivait pas non plus à joindre votre service RH pour éclaircir ma situation. Pour couronner le tout, le soir de mon départ, vos équipes ont exigé de fouiller mes valises, une procédure humiliante.
Durant mes deux semaines de présence, vous m'avez envoyée en déplacement pour ma formation. Normalement, je devais intégrer un magasin formateur, mais vos responsables étaient en arrêt maladie… Soit, cela peut arriver, j'ai donc laissé couler. Vous m'avez alors redirigée vers la directrice par intérim du magasin que je devais intégrer, car le responsable est lui aussi en arrêt longue durée…
Le troisième jour de formation, la manager régionale est présente. Sourire impeccable, discours parfait sur le bien-être, hyper agréable, fidèle à l'image que vous voulez donner. Puis, le masque tombe lorsqu'elle réalise qu'elle a oublié son sac à main dans le train. Sous le coup du stress, elle craque et confie qu'avec la charge de travail et les changements constants, elle « enchaine les erreurs et oublie tout ». Malgré la peine que j'ai eue pour elle, j'ai commencé à comprendre l'envers du décor et le management délétère qui découle de votre organisation.
Pourtant, aimant votre marque et vos produits, j'ai voulu persévérer. En deuxième semaine, vous m'envoyez à Paris. Ma formatrice était une responsable adjointe qui assumait seule le rôle de directrice de magasin, mais à qui vous refusiez le titre officiel sous prétexte qu'elle devait encore "développer ses compétences". Suis-je la seule à trouver que votre logique n'a aucun sens ? Vous m'envoyez, moi, nouvelle recrue qui doit assimiler toutes vos procédures, me faire former par quelqu'un que vous jugez vous-mêmes insuffisamment formée pour son poste. Ou alors, est-ce le jackpot pour vous ? Vous faites miroiter une évolution et, en attendant, vous ne rémunérez pas à sa juste valeur une salariée pour les responsabilités qu’elle assume !
Pour une entreprise qui prône le respect, la gestion de la productivité est hyper rigide et la flexibilité à sens unique. Les situations exceptionnelles ne sont absolument pas prises en compte. En tant que nouvelle recrue en formation, je comptais à 100 % dans les effectifs productifs du planning, alors que je n'avais ni le recul ni la formation pour générer le même chiffre d'affaires qu'un vendeur expérimenté, sans compter mes temps d'absence de la surface de vente pour suivre les modules. De plus, votre pratique de l'adaptation des horaires en fonction du flux de clients ne profite qu'à vous. Vous demandez aux vendeurs de rester plus tard ou de partir plus tôt selon l'affluence. Où se trouve le bien-être du salarié là-dedans ? En termes d'organisation personnelle, vous leur rendez la vie invivable.
De plus, j'ai été réveillée à trois heures du matin par un appel de votre service de télésurveillance. Ne faisant plus partie de vos effectifs depuis des mois, il serait temps de mettre à jour vos informations. J’ai informé de cette nuisance votre responsable régionale : mon e-mail est resté sans réponse, pas une excuse, encore une fois.
Enfin, je suis toujours en attente du remboursement de mes notes de frais. Votre responsable régionale ignore complètement mes e-mails. La responsable magasin par intérim est la seule à me répondre, mais elle n'a aucun levier d'action. Elle répète que la demande est prise en charge, mais après plusieurs relances, je n'ai toujours rien. Compte tenu de votre chiffres d’affaires, je ne comprends pas pourquoi cela prend autant de temps. Je suis dans une période précaire, le remboursement de ces notes de frais fait une réelle différence dans mon budget mensuel.
Je suis franchement dépitée par votre enseigne qui vend du rêve et une belle éthique, alors qu'en réalité, vous ne cherchez qu'à polir une fausse image de marque au détriment de l'humain.